Balzac à Issoudun

Balzac à Issoudun


Mes travaux de nuit, mes excès, tout cela s’est payé. Je suis tombé dans un anéantissement qui ne m’a permis ni de lire, ni d’écrire, ni d’écouter même un raisonnement suivi. Le docteur a ordonné le changement d’air. Me voici donc, pour une dizaine de jours, en Berry, à Issoudun, chez Mme Carraud. Lettre d'Honoré de Balzac à Mme Hanska

Balzac a séjourné à Issoudun à trois reprises (en avril 1834, en août 1835 et en février-mars 1838). Il était accueilli par son amie Zulma Carraud, dans la belle demeure de Frapesle. Le grand écrivain venait ici se reposer après des séances d’écriture éprouvantes. On dit aussi qu’il fuyait Paris pour échapper à ses affaires et à ses créanciers.

 

Lettre de Zulma : « J’attends le jour où le besoin de repos se fera sentir et où vous demanderez mieux à la vie que l’excitation de votre machine à penser. Frapesle brillera alors dans un coin, et vous voudrez savoir s’il s’y trouve toujours de fraiches fleurs et des cœurs ouverts. »

 

Lors de son dernier séjour, il écrit une longue lettre à « son Étrangère »,  Madame Hanska. « J’ai songé à vous en traversant la Beauce et le Berry, car c’est votre Ukraine, sur une plus petite échelle, il n’y a que du grain, de la vigne, des bois.  Je suis arrivé ici épuisé de fatigue : le corps s’y est détendu. »

 

Il rejoint ensuite George Sand à Nohant. « Nous avons pendant trois jours bavardé depuis cinq heures du soir après le dîner jusqu’à cinq heures du matin, de sorte que je l’ai plus connue, et réciproquement, pendant ces trois causeries, que pendant les quatre années précédentes. »

 

Après 1838, Balzac ne revient plus à Issoudun. Mais il se souvient de la ville au moment d’écrire le roman qui deviendra La Rabouilleuse. 



La demeure de Frapesle, où séjournait Balzac. L'aménagement de style "chalet" n'existait pas à son époque.